Présidente de Nightline Lyon : le service d’écoute nocturne créé par et pour les étudiants

Portraits

19 Mar, 2021

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A 25 ans, Floriane cumule un emploi du temps chargé : ses études de droit et la présidence de l’antenne de l’association Nightline qu’elle a fondée à Lyon. L’association, soutenue par l’Université de Lyon, propose un service d’écoute nocturne aux étudiants. En apportant une oreille discrète et attentive, Nightline est un rempart contre l’isolement des étudiants pendant la crise sanitaire. Retour sur la naissance et les valeurs de cette asso devenue essentielle à Lyon, à travers le témoignage de sa présidente.

Un concept nouveau en France

Le concept de Nightline existe depuis des dizaines d’années dans les pays anglo-saxons. En France, il a été importé à Paris en 2017 par Patrick Skehan, un étudiant irlandais. Floriane, qui le rencontre en 2018, se lance dans le projet de créer une antenne à Lyon. Elle constate qu’il existe finalement peu de solidarité entre étudiants et cela particulièrement dans les formations les plus stressantes, là où la compétition est la plus rude, comme la première année de PACES ou de prépa.

Lancé à Lyon en novembre 2020

“Depuis 2018, j’essaie de le mettre en place à Lyon”, nous raconte Floriane. Mais trouver un partenaire financier, obtenir des subventions, un local pour les permanences, est un long parcours du combattant pour l’élève avocate, alors soutenue et aidée dans ses démarches par l’équipe parisienne. C’est finalement à la date du 14 novembre 2020 et en partenariat avec l’université de Lyon que la ligne d’écoute est ouverte. Dès la première nuit, les appels affluent. Nous sommes alors en plein re-confinement et la ligne récupère les appels que l’antenne parisienne ne peut plus gérer. Aujourd’hui, l’association lyonnaise compte plus d’une vingtaine de bénévoles. Cette croissance rapide, Floriane l’explique notamment par la crise sanitaire, qui a exacerbé les problèmes de santé mentale.

Des bénévoles étudiants, anonymes et formés à l’écoute active

Les écoutants ne sont pas des professionnels de santé. Ce sont des étudiants de tout âge et issus de toute filière. “C’est le principe de l’association : l’aide par les pairs. On vit dans le même environnement que ceux qui peuvent téléphoner, et même si chacun a ses expériences et sa sensibilité, cela peut être plus facile de se confier à quelqu’un qui vit dans le même environnement et qui a le même âge.” Ainsi, outre la confidentialité des échanges et l’anonymat, les valeurs de l’association sont la non-directivité et le non-jugement. “On n’est pas là pour donner des conseils : on ne connaît pas assez la personne et on n’a pas le recul nécessaire“, explique Floriane. Les bénévoles apportent une oreille attentive et discrète aux étudiants qui le souhaitent, sans tabou, sans jugement et en toute confidentialité.

service d'écoute étudiants

Des permanences toutes les nuits de 21h à 2h30 du matin

La ligne et le chat Nightline sont ouverts toutes les nuits. Les bénévoles se relaient à hauteur de 3 permanences par mois établies selon les disponibilités de chacun. Le retour des écoutants à leur domicile est pris en charge par l’association. “Nous sommes très attentifs au bien-être des bénévoles. Ils font parfois face à des appels compliqués et nous sommes là pour les accompagner.” Ce qui ressort au niveau des thèmes abordés lors des appels, ce sont les relations amoureuses, amicales et familiales, le stress que peut engendrer les études, et enfin le mal-être lié à l’isolement.

Le but c’est de permettre aux gens de vider leur sac. On est tellement d’étudiants que c’est vraiment dommage et presque aberrant que certains n’aient personne à qui parler.

Floriane, présidente de Nightline Lyon

Devenir écoutant, comment ça se passe ? 

L’association est toujours en recherche de nouveaux bénévoles pour faire face au nombre croissant d’appels. Pour devenir bénévole, il faut d’abord candidater en remplissant un formulaire puis passer un entretien et enfin une formation. “Les refus à l’entretien sont principalement liés à des critères pratiques”, explique Floriane. Par exemple, les étudiants ne doivent pas habiter trop loin du local. Une fois en formation, certains se rendent compte qu’ils n’y arriveront pas et 70% passent le test final. “Le but c’est qu’ils restent un moment dans l’asso mais surtout qu’ils y soient bien. Et comme les appels peuvent être compliqués, il faut qu’ils soient à l’aise avec des thèmes difficiles.” Floriane nous précise qu’environ 11% des appels évoquent le suicide ou des pensées suicidaires.

Tu souhaites mettre à profit quelques heures par mois pour t’engager dans une asso ? Rejoins Floriane et les bénévoles de Nightline ! On t’invite à jeter à un oeil à leur site et à en parler autour de toi.

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